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dimanche 24 mai 2015

Alimentation et acidose bovine

C’est  un déséquilibre au niveau du contenu ruminal, avec une accumulation d’acides organiques (notamment des acides gras volatiles), issus de la fermentation par les microorganismes de la panse, de glucides rapidement fermentescibles ingérés en grande quantité qui  vont être à l’origine d’une diminution du pH ruminal en dessous des valeurs
usuelles (5,6 à 6,5)
Les dysfonctionnements d’ordre digestif, dont l’acidose ruminale, représentent la deuxième
cause de morbidité et de mortalité chez les jeunes bovins de boucherie, après les pathologies
respiratoires
Étiologie
Cette acidose apparait généralement lorsque la ration distribuée est inappropriée, avec trop de concentrés et trop peu de fourrages, ce qui limite la mastication et la production de salive à pouvoir tampon, et lors de transitions alimentaires mal gérées .
Ces variations de pH sont à l’origine de modifications de la flore ruminale.
 Avec un pH inférieur à 6, la croissance de Streptococcus bovis, bactérie amylolytique productrice d’acide lactique et principal agent du développement d’acidose latente, est favorisée, au détriment des bactéries cellulolytiques. Cependant, les coques à Gram négatif fermentant l’acide lactique, restent actifs si le pH ne diminue pas en dessous de 5, d’où une limitation de la chute de pH par transformation de l’acide lactique produit en acide propionique, et donc une inhibition dudéveloppement des lactobacilles puisque le pH n’est pas assez faible.
Les protozoaires sont aussi touchés par la diminution du pH ruminal, mais ils ne disparaissent pas totalement étantdonné que certaines espèces peuvent survivre à de tels pH .
Dans le cas ou Le pH diminue alors très fortement et rapidement,atteignant des valeurs inférieures à 5.
L’impact sur la flore ruminale est alors très marqué, avec rapidement une destruction des
protozoaires et des bactéries à Gram négatif, d’où une libération massive de lipopolysaccharides (LPS), endotoxine diffusant dans le sang. Les lactobacilles productrices
de lactates vont proliférer, alors que les bactéries capables de transformer l’acide lactique en
acide propionique vont se faire rares, d’où une diminution du pH amplifiée, entrainant
fréquemment la mort de l’animal .

 Les différentes formes d’acidose
· L’acidose aigüe
L’acidose aiguë est rare et survient en général suite à une ingestion brutale d’une grande
quantité de concentrés, ce qui est le cas par exemple lorsqu’un animal s’échappe et parvient
au lieu de stockage des concentrés.
Dans les premières heures suivant l’ingestion des concentrés, l’animal est rapidement en état
de choc suite à la diffusion de bactéries et d’endotoxines dans le sang. On observe alors une
perte d’appétit et des mouvements incontrôlés. Les fréquences cardiaque et respiratoire sont
augmentées et une distension de la partie inférieure du flanc gauche est visible. La rumination
cesse et une météorisation se met en place. L’animal se déshydrate par le passage d’eau dans
le rumen et une diarrhée d’odeur fétide apparait. Une acidose métabolique peut faire suite à
l’acidose ruminale dès lors qu’une grande partie d’acide lactique passe dans le sang. Dans les
cas sévères l’animal est alors assez vite en décubitus, puis dans le coma et peut mourir
rapidement sans traitement. Si l’animal survit, des complications peuvent survenir, telles que
des fourbures, des abcès hépatiques, ou encore des problèmes d’absorption digestive
récurrents suite à l’installation d’une ruminite et d’une éventuelle parakératose des papilles

· L’acidose chronique
L’acidose latente (ou subaiguë, ou chronique) est la forme la plus répandue. Elle résulte d’un
déséquilibre quasi permanent entre une production élevée d’acides gras volatiles et un faible
apport de tampon salivaire. Liée à une  chute de pH est moindre par rapport à l’acidose aiguë.
Dans un premier temps, la modification de la flore ruminale entraine bien entendu des
problèmes de digestion des aliments ingérés. Le pH très acide va avoir une action irritante sur
l’épithélium ruminal, voir même entrainer le développement de parakératose. L’atteinte de
l’intégrité des papilles ruminales est à l’origine d’un défaut d’absorption des nutriments, d’où
la diminution des apports à l’organisme. Un défaut d’absorption des acides gras volatiles est
quant à lui responsable d’une perturbation du fonctionnement du système de régulation du pH
ruminal, d’où une persistance de l’état d’acidose.
La survenue d’acidose ruminale inhibe la motricité ruminale, ce qui provoque une stase des
aliments, et des difficultés à éructer, d’où l’observation de distension réticulo-ruminale et de
météorisation chez les animaux atteints d’acidose .
D’autre part, l’impossibilité d’utilisation de tous les acides gras volatiles présents dans le
rumen va initier une augmentation de la pression osmotique intra-ruminale. Il en découle un
afflux d’eau dans le rumen qui sera à l’origine d’une déshydratation des tissus et de diarrhée.
Dans le cadre d’acidose latente, on observe rarement une réelle diarrhée mais plutôt des
bouses plus molles d’odeur aigrelette .
La ruminite induite par l’acidose ruminale provoque une augmentation de la perméabilité de
la paroi qui va avoir des conséquences cliniques extra-digestives. Il en résulte un passage
possible des toxines issues de la dégradation des bactéries (les lipopolysaccharides), et de
bactéries, dans le torrent sanguin. La présence d’endotoxines dans le sang va stimuler la
libération d’un grand nombre de facteurs de l’inflammation, comme par exemple de
l’histamine, ayant pour conséquences une vasoconstriction périphérique et donc une ischémie
des extrémités des membres à l’origine de fourbures. D’autre part, la diffusion de bactéries
aura pour conséquence une colonisation de divers organes, tels que le foie (formation d’abcès
hépatiques), ou les articulations avec la formation d’arthrites.
En pratique, l’acidose chronique est souvent accompagnée de signes cliniques frustres, qui
sont à rechercher sur l’ensemble du troupeau. On note un appétit capricieux avec diminution
de l’ingestion, ainsi qu’une baisse des performances zootechniques, et notamment des retards
de croissance. A long terme, une détérioration de l’état général est observable, accompagnée
de complications telle que des fourbures, le développement d’arthrites, ou encore la formation
d’abcès hépatiques .
.
* Méthodes de prévention de l’acidose ruminale
Pour  l’acidose aiguë étant évidemment d’interdire l’accès des animaux au lieu de stockage des concentrés.
Concernant  la prévention de l’acidose chronique,
La meilleure manière d’éviter l’apparition d’acidose chronique est de distribuer une ration
équilibrée et adaptée à la physiologie digestive des ruminants.
 Cependant les objectifs de productivité nécessitent de distribuer à certaines catégories d’animaux des régimes trèsénergétiques et donc riches en concentrés, responsables d’une diminution plus importante etsur une plus longue période du pH ruminal post ingestion. On revient donc sur l’importanced’incorporer suffisamment de fibres dans la ration, fibres devant être de taille suffisante pourfavoriser une bonne rumination .
Le type d’aliment choisit comme concentré peut aussi jouer un rôle dans la prévention de
l’acidose. Les céréales sont très acidogènes car riches en amidon et plus pauvres en glucides
pariétaux.
L’orge et le blé représentent les plantes les plus acidogènes, le maïs et le sorgho le
sont un peu moins. L’adjonction de graines d’oléagineux, telles que le pois, la féverole, le
soja, le colza ou le lin, plus riches en glucides pariétaux et plus pauvres en amidon, dans la
composition des aliments concentrés, peut diminuer le pouvoir acidogène du concentré.
D’autre part, l’adjonction de certaines graisses permet de diminuer la fermentation ruminale
de l’amidon par une agrégation des lipides avec l’amidon, ce qui limite l’accès des bactéries
aux molécules d’amidon .
Enfin, lorsque des céréales sont utilisées telles qu’elles, il est important de prendre garde à ce que lors du traitement(broyage ou aplatissage), les particules obtenues ne soient pas trop petites.
 Il est conseillé d’avoir au minimum 50% de particules de taille supérieure à un millimètre de diamètre.
En effet, plus les particules sont fines, plus l’amidon contenu dans les graines est disponible
rapidement pour la digestion ruminale, et donc plus la diminution du pH ruminal sera rapide
Il est à noter que  la fréquence de distribution des concentrés influe également sur le pH ruminal.
 Des distributions multiples permettent de limiter la chute post prandiale du
pH ruminal. Le pH minimal observé est alors plus élevé qu’avec des distributions moins
nombreuses, en revanche le pH moyen sur la journée est inférieur. Mais cela indique aussi que
le pH reste plus constant sur la journée, ce qui permet une certaine adaptation de la flore
ruminale.
Pour des animaux à l’engrais, l’idéal reste donc, comme cela est couramment
pratiqué, une mise à disposition ad libitum des concentrés. Les animaux répartissent alors
d’eux même leur ingestion de concentrés sur la journée afin de limiter les conséquences
digestives néfastes évoquées précédemment .
Les périodes les plus à risque pour le développement d’acidose au cours de l’engraissement
sont la mise à l’engrais et la période de finition quand l’ingestion est très importante et que la
muqueuse ruminale est fragilisée suite aux mois d’alimentation intensive.
Il est assez facile de jouer sur la mise à l’engrais en réalisant une transition alimentaire
correcte.
En effet, les animaux passent alors d’une alimentation riche en fourrages, et
partiellement lactée pour les broutards, à une alimentation riche en concentrés très acidogène.
L’idéal est d’effectuer une transition alimentaire sur deux à quatre semaines, pendant laquelle
la quantité de concentrés distribués est augmentée régulièrement. Plus la transition se fait
progressivement sur une longue période, moins la chute du pH ruminal est importante. Les
risques de développement d’acidose sont donc moindres .
En ce qui concerne la finition, seule une application rigoureuse des préconisations concernant
la composition de la ration et le mode de distribution peut permettre de limiter les
conséquences néfastes sur l’appareil digestif des animaux soumis à un régime intensif.


Prix et qualité du lait

La qualité est définie comme l'« aptitude d'un ensemble de caractéristiques intrinsèques à satisfaire des exigences ».
Les critères retenus jusqu’a présent pour le paiement du lait peuvent etre  actualises, complètes et catégorisés par espèce
Concernant le lait de vache, les critères de paiement pris en compte sont de deux types :
• à des critères de composition du lait

Matière protéique (Taux Protéique : TP)
ce critére est pris en considération  car le rendement fromager, préoccupation quotidienne des fromagers, est directement lie au TP du lait.et vue que  Les protéines du lait et des
produits laitiers ont une qualité supérieure à celle des protéines végétales. Cette supériorité repose sur leur forte digestibilité et leur composition en acides aminés « indispensables ».
le  paiement est fait selon le taux protéique par litre de lait

Matière grasse (Taux Butyreux : TB)
Elle est caractérisée par une très grande variété d’acides gras.
 La composition de cette matière grasse est influencée par différents facteurs dont les plus importants sont : l’alimentation, le stade de lactation, l’hérédité, l’état de santé de l’animal, son âge.
Le critère de  paiement est fair sur le taux butyreux
L’ensemble TP + TB correspond a la Matière Sèche Utile (MSU) du lait et conditionne son aptitude a la transformation.
La cryoscopie ( point de congélation )
Celle-ci  est modifiée par la présence de solutés ou par dilution du lait.
Le  paiement se basera sur trois mesures  réalisées chaque mois du point de congélation.
 Le paiement tient compte du plus mauvais résultat mensuel.
La  lipolyse
La membrane des globules gras est altérée par de mauvaises conditions de traite qui dégradent la matière grasse. Cette dégradation s’apprécie en mesurant le taux de lipolyse.
 En effet le  lait lipolyse  celui-ci est un lait de qualité altérée à l’ origine d’un gout de rance. Son utilisation perturbe les processus de transformation et de conservation.
 Ce mécanisme d’altération peut se produire a plusieurs Stades de la chaine de production notamment sur l’exploitation agricole.
La tendance du lait à la lipolyse peut être liée a la vache elle-même (facteur génétique individuel) ou à son alimentation (ration essentiellement a base d’ensilage d’herbe de mauvaise qualité). Elle est momentanément augmentée lors de stress alimentaire : changement de régime, perturbations
climatiques qui limitent l’ingestion de l’herbe au pâturage.
 La lipolyse du lait a également lieu au moment de la traite et est majoritairement occasionnée par des turbulences du flux du lait dans les lactoducs.
Ceci est causée généralement par une mauvaise conception du bloc de traite ou par des variations excessives de vide liées a la technique de traite et plus particulièrement a des entrées d’air indésirables au moment de la pose ou de la dépose du faisceau trayeur.
 La conduite du troupeau par l’éleveur  et notamment la réduction de l’intervalle entre les traites accentue la sensibilité du lait a la lipolyse.
Le  paiement  du lait sur Le résultat du mois est déterminé à partir de la moyenne arithmétique de  trois analyses sont réalisées au minimum chaque mois.

• à des critères sanitaires
Les germes
Ce sont les indicateurs de la qualité bactériologique du lait qui renvoient à des conditions
d’hygiène de la traite, et aux conditions de stockage et de refroidissement du lait.
Le  paiement  se basera sur la moyenne arithmétique mensuelle d’au moins 2 résultats qui est prise en compte.
Les cellules
Ce critére indique en cas d’ un nombre élevé de cellules dans le lait indique la présence de mammites.
Le  paiement se basera sur la moyenne géométrique mensuelle d’au moins 2 résultats qui est prise en compte  Avec trois grades  de seuil.
Pour l’attribution du grade définissant le paiement, la somme des deux dernières notes et la moyenne arithmétique des résultats sont pris en compte de la manière suivante
Les butyriques
Ce sont des germes contenus naturellement dans la terre qui prolifèrent dans les ensilages
mal conservés et qui se retrouvent dans les bouses qui souillent le lait de la traite. Ce sont des indicateurs de la traite et de l’environnement.
Le  paiement se basera sur une note qui  est fonction de la teneur en spores butyriques de l’échantillon analysé.
Les inhibiteurs
C’est un ensemble de substances (antibiotiques, sulfamides et antiseptiques) capables d’inhiber à faible concentration le processus vital des micro-organismes, et dont la présence dans le lait a pour effet de ralentir ou de bloquer les fermentations.
Le  paiement se basera  sur la recherche de résidus d’antibiotiques est effectuée sur chacun des prélèvements destinés à la détermination de la composition ou de la qualité du lait avec la notion de présence ou d’absence.
Pour ces différents critères il faut rechercher le seuil idéal, un seuil qui, tout en restant
atteignable, garantira le meilleur prix payé au producteur.
Différents paramètres qui vont peser plus ou moins sur cette qualité.
Ces paramètres peuvent concerner :
·         La traite : hygiène de la traite, réglage de la machine ;
·         Le tarissement et le traitement des mammites ;
·         Le bâtiment d’élevage.

Ces paiements à la qualité du lait  peuvent faire l’objet  d’ accord interprofessionnel entre producteur de lait et transformateurs


vendredi 22 mai 2015

Alimentation et engraissement des taurillons

L’alimentation est un facteur clé dans l’engraissement des taurillons. En effet, une bonne
gestion de l’alimentation permet d’améliorer la productivité et le rendement, à savoir obtenir
des animaux de poids suffisant pour l’abattage le plus rapidement possible, tout en limitant au
maximum certaines pathologies rencontrées en élevage intensif, notamment l’acidose
ruminale.
La composante alimentaire en élevage comporte différents aspects à prendre en compte.
On retrouve tout d’abord la composition de la ration qui doit être adaptée aux besoins des
animaux, mais aussi le mode et la fréquence de distribution des aliments.
 Enfin, il ne faut pas oublier la composante comportementale et hiérarchique au sein des lots, qui influe sur la prise alimentaire des animaux, avec un accès limité à l’auge de certains animaux lorsqu’une compétition alimentaire trop importante existe au sein de ces lots.
Influence de la composition de la ration
Les animaux sont nourris de manière intensive tout au long de la période d’engraissement,
avec la distribution de concentrés ou d’autres aliments très énergétiques (ensilage de maïs par
exemple).
 Les quantités distribuées sont telles que les animaux sont nourris à volonté (en général une distribution quotidienne),  En plus du tri, le comportement alimentaire est fortement lié à la quantité de fibres présentesdans la ration.
 En effet, des aliments riches en fibres vont nécessiter une mastication plus importante, ce qui augmente la durée d’ingestion des aliments ainsi que la durée de la rumination .
La présence de fibres dans l’alimentation des ruminants est donc à l’origine de manipulations orales plus importantes des aliments, de par la mastication et la rumination.
Ces manipulations doivent être suffisamment longues pour satisfaire le comportement naturel du bovin.
L’alimentation des taurillons à l’engraissement comporte en général une grande quantité de
concentrés et une quantité de fourrages assez faible afin d’optimiser le GMQ des animaux.
Ceci implique donc une diminution du temps d’ingestion et de rumination.
 Ce type d’alimentation va perturber le comportement alimentaire, mais aussi la capacité de digestion ruminale. En effet, l’apport de concentrés en grande quantité va être à l’origine d’acidose ruminale par la libération de grandes quantités d’acides gras volatiles par la flore ruminale.
Devant ces considérations, il est recommandé d’apporter un minimum de fibres dans la ration
(un minimum de 10% de fibres longues par rapport au total de matière sèche de la ration.
Il est préconisé que la ration demande à l’animal au moins trente minutes de mastication pour l’ingestion d’un kilogramme de matière sèche, et au minimum soixante mastications pour un bol mérycique.
De plus, les fibres ajoutées à la ration doivent mesurer plus de cinq millimètres de long et être assez rigides pour stimuler suffisamment la motricité ruminale .
D’autre part, il semble que la concentration énergétique de la ration a une influence sur le
comportement social des animaux.
Au final, la composition de la ration est essentielle pour assurer le bien être et la bonne santé
des taurillons à l’engraissement.
 Celle-ci doit être équilibrée afin de satisfaire les besoins des animaux, tout en respectant certaines conditions nécessaires à une bonne digestion, à savoir une teneur en fibres suffisante.
 Malgré un objectif de croissance optimale, une ration trop énergétique aura des effets néfastes aussi bien sur la santé, avec des problèmes digestifs, que sur le comportement, avec une augmentation de l’agressivité et des comportements agonistiques entre individus.
L’utilisation de graines de lin dans la composition des rations est actuellement testée.
 La graine de lin permet un apport élevé en lipides, et plus particulièrement en acides gras oméga3 et en acide alpha linoléique.
D’autre part, les acides gras omégas 3 favorisent le maintient d’un statut immunitaire correct
des animaux de par leurs propriétés anti-inflammatoires.
Une alimentation à base de graine de lin riche en oméga 3 permet donc de limiter le développement de pathologies (notamment respiratoires) lors de la mise en lots au début de l’engraissement, période à risque de par les mélanges d’animaux d’origines différentes et le stress important subit par les animaux.
Enfin, l’ajout de graisses à la ration de fin d’engraissement, permet d’augmenter l’ingestion de matière sèche et le GMQ.
 Cette augmentation de GMQ est d’autant plus marquée avec l’utilisation de graines de lin extrudées par rapport à des graines entières, la disponibilité des nutriments se trouvant alors augmentée.
 D’autre part, les muscles des bovins nourris avec des graines de lin contiennent une quantité d’acide alpha linoléique plus importante, à mettre en relation avec une augmentation de la quantité de graisse intramusculaire chez ces animaux
Au final, l’apport de graines de lin dans la ration des bovins à l’engraissement permet
d’augmenter les performances des animaux en augmentant le gain de poids quotidien et en
limitant certaines pathologies, mais aussi en permettant d’augmenter la qualité des carcasses
avec une meilleure teneur en graisses intramusculaires.
Influence de la fréquence de distribution et de la quantité de l’aliment distribué
Une fréquence élevée de distribution de l’aliment favoriserait un bon niveau d’ingestion. D’autre part, il a été montré qu’une distribution biquotidienne permettrait d’obtenir des conditions ruminales plus stables avec une diminution des écarts de variation quotidienne de pH  .
 Une distribution fréquente des concentrés permettrait donc de mieux répartir l’ingestion sur la journée, et donc de limiter les risques d’acidose.
 Il est important de choisir un mode de distribution (heure fixe ou variable) et de s’y tenir.
Il est possible de modifier quotidiennement l’heure de distribution de l’aliment, les animaux vont alors s’adapter à cette irrégularité.
Par contre si la distribution se fait à heure fixe, il faudra s’y tenir, car tout changement sera à l’origine de modifications du comportement, aussi bien du point de vue alimentaire que non alimentaire, avec par exemple, une diminution du temps de couchage, pourtant nécessaire à la rumination.
En engraissement, le régime ad libitum est souvent utilisé, afin d’optimiser la croissance des
animaux.
 Mais outre ces questions de productivité, la quantité d’aliment distribué joue aussi un rôle dans le bien être des animaux. Cette distribution ad libitum influe sur le comportement
alimentaire des bovins. En effet, elle va permettre une gestion de l’ingestion plus naturelle par
les animaux puisqu’ils choisissent d’eux même la fréquence des repas, ainsi que de la quantité
ingérée à chaque repas.
D’autre part, l’aliment sera disponible en permanence, ce qui permettra d’éviter l’apparition
de stéréotypies comme cela peut être le cas lorsque les animaux sont soumis à une restriction
alimentaire .
influence de la compétition alimentaire à l’auge
Lorsque l’alimentation ou le nombre de places à l’auge sont restreints, une compétition
Alimentaire  se met en place entre les animaux du lot, avec une augmentation de l’agressivité.
Ainsi, le rythme alimentaire des dominées se voit décalé
dans le temps, alors que les dominantes peuvent manger aux moments préférentiels,
notamment après la traite.
 D’autre part, la compétition entraine une diminution de la durée moyenne des repas, alors que leur fréquence se voit augmentée.
 Les animaux s’adaptent à cette situation dans laquelle le temps d’ingestion est diminué, en augmentant leur vitesse d’ingestion alimentaire afin de pouvoir conserver au final une quantité d’aliment ingéré suffisante.
Ces perturbations du comportement alimentaire sont à l’origine d’une atteinte du bien être des animaux et modifient le comportement général des animaux, avec notamment une augmentation du temps passé debout. Une ingestion rapide d’aliment très énergétique sera
aussi responsable d’une forte libération d’acides gras volatiles et d’une diminution plus

marquée du pH ruminal, aboutissant à une acidose.

samedi 9 mai 2015

Radioactivité et animaux d’élevage

La radioactivité consiste en la désintégration spontanée du noyau d’un atome
Cette désintégration est à l’origine de  rayonnements ionisants : rayonnements α, b et γ.
La période radioactive est donc la durée au bout de laquelle la moitié des atomes du radionucléide initialement présents a disparu.
Modalités de contamination
-par inhalation
L’animal incorpore par inhalation les éléments radioactifs présents dans l’atmosphère (fraction négligeable, concerne surtout les gaz) ces derniers se retrouveront  à 15% dans la panse, à 25% dans les fluides corporels et à 60% dans les gaz exhalés.
-par ingestion
La voie de transfert principale de la radioactivité au cheptel est l’alimentation, à savoir l’aliment (herbe, céréales ou fourrage contaminés, organes aériens des plantes fourragères, produits stockés trop tard, transfert de radioactivité de la surface des feuilles aux graines ou aux organes de mise en réserve…) et l’eau d’abreuvement pour les adultes, ainsi que l’allaitement pour les jeunes.
Selon la nature et la forme chimique du nucléide considéré  une partie de la dose absorbée franchira la barrière gastrointestinale,  subira un cycle entéro-hépatique et se localisera au niveau de différents organes, alors que la fraction restante se trouvera éliminée rapidement.
L’absorption intestinale décroît avec l’âge, et varie selon les catégorie d’animaux ;
Il  est plus importante chez les monogastriques (porc) et les oiseaux (poule) que chez les
ruminants (vache, chèvre et mouton).
Lorsque l’incorporation se répète jour après jour, l’activité présente dans le corps de l’animal augmente, cette augmentation s’accompagnant d’une augmentation de l’activité des produits animaux. Si l’incorporation se prolonge, un état d’équilibre est atteint entre ce que l’animal ingère quotidiennement, l’activité de ses muscles ou du lait qu’il produit, et l’activité qu’il élimine par les voies naturelles
Pour l’abreuvement : eau de pluie, eau de citerne ou de mare non protégées sont plus à risque
Les fourrages à l’origine de transferts élevés : herbe en pâture, foin en cours de ramassage, coupes exposées des prairies et fourrage maïs
L’excrétion varie avec :
-l’âge : les jeunes animaux excrètent plus vite que les adultes de la même espèce ;
-le sexe : les résultats expérimentaux sont contradictoires ;
-la gestation : une femelle gestante excréterait moins rapidement qu’une femelle non gestante
-le régime alimentaire : chez les ruminants, une forte teneur de la ration en fibres augmente
l’excrétion ;
-les carences qui peuvent favoriser la rétention de certains radioéléments.
Les voies métaboliques de l’excrétion sont :
-l’excrétion sudorale qui semble négligeable ;
-l’excrétion urinaire qui est la voie prépondérante d’élimination chez les monogastriques ;
-l’excrétion fécale : essentielle chez les poly gastriques ;
-la sécrétion lactée : peu importante en quantité, mais primordiale du fait de l’alimentation lactée humaine ;
-les œufs chez les oiseaux.

Sources de contamination
Contamination  naturelle par :
-les rayonnements cosmiques, c’est-à-dire le rayonnement solaire et le rayonnement galactique,
-les rayonnements atmosphériques : activation de l’air par les neutrons cosmiques (0,02 mSv/an) et émanations gazeuses des familles radioactives naturelles (1,3 mSv).
-les rayonnements telluriques sont dus aux radionucléides primordiaux qui étaient présents lors de la formation de la terre,
b) Sources artificielles
Les sources artificielles sont assez nombreuses :
-retombées radioactives
-utilisation industrielle :
Classification des radionucléides

L’iode 131
L’iode 131 fait partie de la famille chimique des halogènes. Il domine dans les incidents et joue unrôle important dans les situations graves. Très volatile, il peut être transporté sur de longues distances(plusieurs centaines à plusieurs milliers de kilomètres) en cas d’émission accidentelle.
2. Le césium
Le césium (du latin « caesium », « bleu du ciel », nommé ainsi à cause de la couleur des raies émises lors de son analyse spectrale) fait partie des alcalins.
a) Le césium 137
Il prédomine, avec l’iode 131, en cas d’accident de réacteur. C’est lui qui pose les problèmes les plus importants à long terme.  C’est un émetteur b- : lors de sa désintégration, il donne dans 5,4% des cas directement du baryum
La radio toxicité du césium 137 est classée modérée (groupe III du tableau des normes de radio toxicité), comparable à celle du potassium naturel.
b) Le césium 134
Le césium 134 est un produit d’activation du césium 133, qui est le seul isotope stable naturel ducésium.
 Au cours de sa désintégration, il émet une particule b- d’énergie variable accompagnée de rayonnements γ.
Le césium 134 est, lui, classé dans les matières fortement radiotoxiques (groupe II).
c) Le césium 133
Le césium 133 se trouve à l’état de traces dans les règnes minéral, animal et végétal.
 Le césium ne peut pas exister à l’état élémentaire dans l’environnement ; c’est un élément pédotrope, qui tend à s’associer à toute phase solide .
Le strontium 90
Le strontium 90 accompagne très souvent le césium 137 en cas d’accident de réacteur mais est
beaucoup moins important.
Il est peu volatile, donc transporté sur de courtes distances (quelques dizaines de kilomètres) en cas d’accident. .
Il est, comme l’iode 131, classé à forte radiotoxicité au groupe II du Tableau des radiotoxicités, alors que son fils l’yttrium 90 appartient au groupe III.
chez l’animal, il se répartit essentiellement dans le squelette, plus précisément dans la moelle osseuse.
Le ruthénium 106
Les émetteurs alpha artificiels : américium 241.
Les effets de la contamination

- Les expérimentations animales ont montré que le strontium 90 est susceptible d’induire des cancers osseux et des leucémies du fait de son ostéotropisme et de sa longue période radioactive.
-passage des radionucléides dans le lair Pour les femelles laitières en phase de lactation et de libre pâture avec une décroissance dans le temps  Délais d’apparition pour atteindre l’activité maximale (animaux en libre pâture ou en stabulation
Les transferts par inhalation pouvant être négligés, la nourriture avec des produits préalablement stockés évite les transferts pour les Animaux à l’auge
Pour tous les animaux en élevage « hors sol » (porcs, volailles, agneaux précoces d’hiver nourris avec des concentrés…), les transferts directs sont pratiquement inexistants car ils reçoivent quasi exclusivement des produits préalablement stockés. .
Mesures de maîtrise en élevage
En bas de contamination :
-couper les ventilations et fermer les bâtiments de stockage
-retarder la récolte de foin tout en élevant la hauteur de fauche
-séchage et déshydratation du foin
-si contamination très élevée : destruction par enfouissement sur place des animlaux contaminés
-travail du sol : labourer en profondeur et cultiver des plantes halophytes ou des légumineuses
-amendement des sols : apports potassiques (si contamination par le césium) et/ou apports de chaux (si contamination par le strontium)
-filtrer ou boucher les aérations des citernes et des châteaux d’eau
-débrancher les descentes de toitures alimentant les citernes en eau de pluie
-poursuivre l’irrigation si elle est indispensable à la survie de la culture (irrigation par apport direct ausol)
-abreuver le cheptel de préférence avec une eau issue des nappes phréatiques, sinon distribuer l’eau après l’avoir filtrée sur des couches de sol contenant de l’argile et des matières organiques
-Dépollution des pâtures et réhabilitation des sols
On pourra retirer la couche superficielle des terres et enfouir le dépôt superficiel à une profondeur de 50 cm (cependant si cette technique diminue bien l’exposition externe, prédominante les 1ères années,
elle est décevante pour limiter les transferts alimentaires) ; labourer en profondeur et cultiver des plantes halophytes (qui utilisent l’eau salée et prennent ainsi le césium du sol) ou des légumineuses(plantes où il existe dans l’absorption racinaire une compétition entre le potassium, le césium, lecalcium et le strontium).
Un apport de chaux diminue les transferts de strontium aux végétaux et des apports potassiques limitent les transferts de césium.
-utiliser les grains de céréales  comme aliment du bétail. Vue que  Les concentrations sont plus élevées dans les enveloppes (parties minéralisées)
-retarder  la récolte de foin tout en élevant la hauteur de fauche.
- Le séchage et la déshydratation du foin permettent une réduction du niveau d’iode 131 de plus de 90% en 26 jours (une attente d’un mois réduit la contamination du foin à 6% de la valeur initiale).
-Abattage des animaux fortement contaminés seront abattus et enfouis sur place, à un endroit soigneusement choisi de façon à éviter toute contamination par drainage, par exemple en terrain non inondable.
-La crémation n’est pas indiquée car elle remet la radioactivité en suspension dans l’air).
 Une fosse profonde d’au moins trois mètres devra être creusée ; les cadavres seront éventrés pour éviter qu’ils ne gonflent, et recouverts de chaux vive.
-Dans les régions maritimes, on pourra envisager une immersion en mer, qui doit se faire loin des côtes.
-La décontamination externe des animaux se fera par arrosage avec de l’eau tiède additionnée de détergents doux ; il faudra bien entendu drainer l’eau de lavage.
 Pour la décontamination interne, on administrera des laxatifs doux afin d’accélérer l’élimination des isotopes ingérés.
-détruire le lait sur place (élimination avec le fumier ou le lisier, plus aisé qu’à la laiterie),
 mettre en quarantaine les animaux destinés à la boucherie.
-l’identification et au marquage des animaux potentiellement contaminés (marque indélébile, visible et reconnaissable).
pour  L’eau d’abreuvement
La liste suivante énumère les possibilités, par ordre de risque de contamination croissant :
-eau de source
-eau de distribution ayant pour origine la nappe phréatique
-eau de distribution ayant pour origine les eaux de surface
-eau de mare
-eau de citerne sauf si elle a été recueillie avant l’arrivée de la contamination et protégée vis-à-vis de celle-ci (débrancher les dispositifs de collecte d’eau de toitures alimentant les citernes en eau de pluie)
-eau de pluie (toujours plus dangereuse en cas d’émission atmosphérique).
L’abreuvement du cheptel doit être effectué même si l’eau n’a pas l’origine souhaitée : dans ce cas on peut la filtrer avant distribution sur des couches de sol contenant suffisamment d’argile et de matières organiques, ce qui permet de réduire l’activité de façon sensible (un facteur 100 de réduction peut être attendu.


samedi 2 mai 2015

Aliments médicamenteux en alimentation animale

L’aliment médicamenteux :ce sont  les médicaments dont la dose journalière est contenue dans une quantité d’aliments correspondant au moins à la moitié de la ration alimentaire journalière des animaux traités et, dans le cas de ruminants, correspondant au moins à la moitié des besoins journaliers en aliments complémentaires non minéraux qui résulte du mélange d’un aliment avec une forme pharmaceutique dénommée le pré mélange et qui est utilisé à des fins préventives ou curatives pour lutter contre certaines maladies animales
 Ces aliments font  partie des moyens thérapeutiques dont dispose le vétérinaire pour traiter des animaux. donc Le diagnostic et la prescription vétérinaire doivent précéder toute commande d’aliments médicamenteux.
Sa fabrication, sa prescription (obligatoirement faite par un vétérinaire) et sa délivrance
doivent répondre à des normes strictes. Parfaitement adapté aux traitements de grands
effectifs pour lesquels il est impossible de mettre en oeuvre des traitements individuels,
Médicaments prescrits
La grande majorité des aliments médicamenteux pour animaux d’élevage contiennent des antimicrobiens ou des antiparasitaires.
Utilisation
 Les aliments médicamenteux sont généralement utilisés pour traiter des épizooties
affectant de vastes groupes d’animaux, en particulier les porcs et les volailles.
Il existe une corrélation claire entre le niveau des normes de fabrication et la qualité du
traitement par aliments médicamenteux.
Des normes élevées garantissent la  répartition homogène des médicaments dans les aliments, la compatibilité des médicaments avec les aliments et partant un bon dosage et un traitement efficace des animaux, ainsi qu’un faible transfert de médicaments dans les aliments des animaux non cibles.
 Des limites seront établies pour le transfert de médicaments vétérinaires dans les aliments pour animaux, sur la based’une évaluation des risques pour l’animal et l’homme compte tenu des différents types de substances actives.

Son utilisation doit respecter :
        la quantité distribuée
        la durée de traitement
        délai d’attente avant l’abattage des animaux.
·         la qualité du produit fini réponde aux critères les plus élevés
Exemple de calculs de rations
Calcul de la dose efficace :
Prenons l’exemple d’un lot de 1000 agneaux de 15 kg rentrant en atelier d’engraissement
Afin de prévenir la coccidiose, un aliment médicamenteux contenant des sulfamides est prescrit.
Cet aliment contient 2000 ppm de sulfadiméthoxine (soit 2000 mg sulfadiméthoxine par kilo d’aliment).
Sachant que la dose efficace de sulfadiméthoxine est de 60 mg/kg poids vif
Quelle quantité d’aliment doit être distribuée par jouraux agneaux ?
Réponse :
Dose de sulfadiméthoxine efficace paragneau : 60*15 = 900 mg
Quantité d’aliment correspondant à cettedose : 1*900/2000 = 0.45 kg soit 450 g d’aliment.
 Un agneau doit ingérer 450 g d’aliment par jour soit 450 kg doivent être distribués parjour pour les 1000 agneaux.
Risques en cas de non respect des régles d’utulisation
        Anibiorésistance :
la distribution d’aliments médicamenteux  à base d’antibiotiques à des animaux sains en dehors de tout contexte pathologique contribuerait à l’apparition d’antibiorésistance, c'est-à-dire à l’apparition et la sélection de bactéries résistantes à un antibiotique donné.
        Echec de traitement
Suite à l’administration d’aliment médicamenteux est due à sa composition et plus particulièrement à sa teneur insuffisante en prémélange médicamenteux.
 Les fabricants d’aliment, qui souhaitent réduire le coût de fabrication ont tendance
à sous doser l’aliment en prémélange.
        Des risques de résidus dans les productions ani males des animaux traités
La dose individuelle ingérée peut en effet être très éloignée de la posologie recommandée posant ainsi des problèmes de surdosage en principe actif pour les animaux et de résidus dans les denrées animales issues des animaux traités pour les consommateurs.
Le respect strict des temps d’attente prévus dans les dossiers d’AMM des prémélanges est une mesure indispensable pour assurer la sécurité du consommateur.
        Des risques de contamination croisée :

Un procédé de fabrication mal maîtrisé à l’usine ou un usage mal maîtrisé de l’aliment médicamenteux à la ferme pourrait être à l’origine de contaminations croisées (exemple dans le cas de fabrications de nombreux lots d’aliments médicamenteux différents sur une même journée ou d’équipements insuffisants sur la ferme).