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dimanche 24 mai 2015

Alimentation et acidose bovine

C’est  un déséquilibre au niveau du contenu ruminal, avec une accumulation d’acides organiques (notamment des acides gras volatiles), issus de la fermentation par les microorganismes de la panse, de glucides rapidement fermentescibles ingérés en grande quantité qui  vont être à l’origine d’une diminution du pH ruminal en dessous des valeurs
usuelles (5,6 à 6,5)
Les dysfonctionnements d’ordre digestif, dont l’acidose ruminale, représentent la deuxième
cause de morbidité et de mortalité chez les jeunes bovins de boucherie, après les pathologies
respiratoires
Étiologie
Cette acidose apparait généralement lorsque la ration distribuée est inappropriée, avec trop de concentrés et trop peu de fourrages, ce qui limite la mastication et la production de salive à pouvoir tampon, et lors de transitions alimentaires mal gérées .
Ces variations de pH sont à l’origine de modifications de la flore ruminale.
 Avec un pH inférieur à 6, la croissance de Streptococcus bovis, bactérie amylolytique productrice d’acide lactique et principal agent du développement d’acidose latente, est favorisée, au détriment des bactéries cellulolytiques. Cependant, les coques à Gram négatif fermentant l’acide lactique, restent actifs si le pH ne diminue pas en dessous de 5, d’où une limitation de la chute de pH par transformation de l’acide lactique produit en acide propionique, et donc une inhibition dudéveloppement des lactobacilles puisque le pH n’est pas assez faible.
Les protozoaires sont aussi touchés par la diminution du pH ruminal, mais ils ne disparaissent pas totalement étantdonné que certaines espèces peuvent survivre à de tels pH .
Dans le cas ou Le pH diminue alors très fortement et rapidement,atteignant des valeurs inférieures à 5.
L’impact sur la flore ruminale est alors très marqué, avec rapidement une destruction des
protozoaires et des bactéries à Gram négatif, d’où une libération massive de lipopolysaccharides (LPS), endotoxine diffusant dans le sang. Les lactobacilles productrices
de lactates vont proliférer, alors que les bactéries capables de transformer l’acide lactique en
acide propionique vont se faire rares, d’où une diminution du pH amplifiée, entrainant
fréquemment la mort de l’animal .

 Les différentes formes d’acidose
· L’acidose aigüe
L’acidose aiguë est rare et survient en général suite à une ingestion brutale d’une grande
quantité de concentrés, ce qui est le cas par exemple lorsqu’un animal s’échappe et parvient
au lieu de stockage des concentrés.
Dans les premières heures suivant l’ingestion des concentrés, l’animal est rapidement en état
de choc suite à la diffusion de bactéries et d’endotoxines dans le sang. On observe alors une
perte d’appétit et des mouvements incontrôlés. Les fréquences cardiaque et respiratoire sont
augmentées et une distension de la partie inférieure du flanc gauche est visible. La rumination
cesse et une météorisation se met en place. L’animal se déshydrate par le passage d’eau dans
le rumen et une diarrhée d’odeur fétide apparait. Une acidose métabolique peut faire suite à
l’acidose ruminale dès lors qu’une grande partie d’acide lactique passe dans le sang. Dans les
cas sévères l’animal est alors assez vite en décubitus, puis dans le coma et peut mourir
rapidement sans traitement. Si l’animal survit, des complications peuvent survenir, telles que
des fourbures, des abcès hépatiques, ou encore des problèmes d’absorption digestive
récurrents suite à l’installation d’une ruminite et d’une éventuelle parakératose des papilles

· L’acidose chronique
L’acidose latente (ou subaiguë, ou chronique) est la forme la plus répandue. Elle résulte d’un
déséquilibre quasi permanent entre une production élevée d’acides gras volatiles et un faible
apport de tampon salivaire. Liée à une  chute de pH est moindre par rapport à l’acidose aiguë.
Dans un premier temps, la modification de la flore ruminale entraine bien entendu des
problèmes de digestion des aliments ingérés. Le pH très acide va avoir une action irritante sur
l’épithélium ruminal, voir même entrainer le développement de parakératose. L’atteinte de
l’intégrité des papilles ruminales est à l’origine d’un défaut d’absorption des nutriments, d’où
la diminution des apports à l’organisme. Un défaut d’absorption des acides gras volatiles est
quant à lui responsable d’une perturbation du fonctionnement du système de régulation du pH
ruminal, d’où une persistance de l’état d’acidose.
La survenue d’acidose ruminale inhibe la motricité ruminale, ce qui provoque une stase des
aliments, et des difficultés à éructer, d’où l’observation de distension réticulo-ruminale et de
météorisation chez les animaux atteints d’acidose .
D’autre part, l’impossibilité d’utilisation de tous les acides gras volatiles présents dans le
rumen va initier une augmentation de la pression osmotique intra-ruminale. Il en découle un
afflux d’eau dans le rumen qui sera à l’origine d’une déshydratation des tissus et de diarrhée.
Dans le cadre d’acidose latente, on observe rarement une réelle diarrhée mais plutôt des
bouses plus molles d’odeur aigrelette .
La ruminite induite par l’acidose ruminale provoque une augmentation de la perméabilité de
la paroi qui va avoir des conséquences cliniques extra-digestives. Il en résulte un passage
possible des toxines issues de la dégradation des bactéries (les lipopolysaccharides), et de
bactéries, dans le torrent sanguin. La présence d’endotoxines dans le sang va stimuler la
libération d’un grand nombre de facteurs de l’inflammation, comme par exemple de
l’histamine, ayant pour conséquences une vasoconstriction périphérique et donc une ischémie
des extrémités des membres à l’origine de fourbures. D’autre part, la diffusion de bactéries
aura pour conséquence une colonisation de divers organes, tels que le foie (formation d’abcès
hépatiques), ou les articulations avec la formation d’arthrites.
En pratique, l’acidose chronique est souvent accompagnée de signes cliniques frustres, qui
sont à rechercher sur l’ensemble du troupeau. On note un appétit capricieux avec diminution
de l’ingestion, ainsi qu’une baisse des performances zootechniques, et notamment des retards
de croissance. A long terme, une détérioration de l’état général est observable, accompagnée
de complications telle que des fourbures, le développement d’arthrites, ou encore la formation
d’abcès hépatiques .
.
* Méthodes de prévention de l’acidose ruminale
Pour  l’acidose aiguë étant évidemment d’interdire l’accès des animaux au lieu de stockage des concentrés.
Concernant  la prévention de l’acidose chronique,
La meilleure manière d’éviter l’apparition d’acidose chronique est de distribuer une ration
équilibrée et adaptée à la physiologie digestive des ruminants.
 Cependant les objectifs de productivité nécessitent de distribuer à certaines catégories d’animaux des régimes trèsénergétiques et donc riches en concentrés, responsables d’une diminution plus importante etsur une plus longue période du pH ruminal post ingestion. On revient donc sur l’importanced’incorporer suffisamment de fibres dans la ration, fibres devant être de taille suffisante pourfavoriser une bonne rumination .
Le type d’aliment choisit comme concentré peut aussi jouer un rôle dans la prévention de
l’acidose. Les céréales sont très acidogènes car riches en amidon et plus pauvres en glucides
pariétaux.
L’orge et le blé représentent les plantes les plus acidogènes, le maïs et le sorgho le
sont un peu moins. L’adjonction de graines d’oléagineux, telles que le pois, la féverole, le
soja, le colza ou le lin, plus riches en glucides pariétaux et plus pauvres en amidon, dans la
composition des aliments concentrés, peut diminuer le pouvoir acidogène du concentré.
D’autre part, l’adjonction de certaines graisses permet de diminuer la fermentation ruminale
de l’amidon par une agrégation des lipides avec l’amidon, ce qui limite l’accès des bactéries
aux molécules d’amidon .
Enfin, lorsque des céréales sont utilisées telles qu’elles, il est important de prendre garde à ce que lors du traitement(broyage ou aplatissage), les particules obtenues ne soient pas trop petites.
 Il est conseillé d’avoir au minimum 50% de particules de taille supérieure à un millimètre de diamètre.
En effet, plus les particules sont fines, plus l’amidon contenu dans les graines est disponible
rapidement pour la digestion ruminale, et donc plus la diminution du pH ruminal sera rapide
Il est à noter que  la fréquence de distribution des concentrés influe également sur le pH ruminal.
 Des distributions multiples permettent de limiter la chute post prandiale du
pH ruminal. Le pH minimal observé est alors plus élevé qu’avec des distributions moins
nombreuses, en revanche le pH moyen sur la journée est inférieur. Mais cela indique aussi que
le pH reste plus constant sur la journée, ce qui permet une certaine adaptation de la flore
ruminale.
Pour des animaux à l’engrais, l’idéal reste donc, comme cela est couramment
pratiqué, une mise à disposition ad libitum des concentrés. Les animaux répartissent alors
d’eux même leur ingestion de concentrés sur la journée afin de limiter les conséquences
digestives néfastes évoquées précédemment .
Les périodes les plus à risque pour le développement d’acidose au cours de l’engraissement
sont la mise à l’engrais et la période de finition quand l’ingestion est très importante et que la
muqueuse ruminale est fragilisée suite aux mois d’alimentation intensive.
Il est assez facile de jouer sur la mise à l’engrais en réalisant une transition alimentaire
correcte.
En effet, les animaux passent alors d’une alimentation riche en fourrages, et
partiellement lactée pour les broutards, à une alimentation riche en concentrés très acidogène.
L’idéal est d’effectuer une transition alimentaire sur deux à quatre semaines, pendant laquelle
la quantité de concentrés distribués est augmentée régulièrement. Plus la transition se fait
progressivement sur une longue période, moins la chute du pH ruminal est importante. Les
risques de développement d’acidose sont donc moindres .
En ce qui concerne la finition, seule une application rigoureuse des préconisations concernant
la composition de la ration et le mode de distribution peut permettre de limiter les
conséquences néfastes sur l’appareil digestif des animaux soumis à un régime intensif.


vendredi 22 mai 2015

Alimentation et engraissement des taurillons

L’alimentation est un facteur clé dans l’engraissement des taurillons. En effet, une bonne
gestion de l’alimentation permet d’améliorer la productivité et le rendement, à savoir obtenir
des animaux de poids suffisant pour l’abattage le plus rapidement possible, tout en limitant au
maximum certaines pathologies rencontrées en élevage intensif, notamment l’acidose
ruminale.
La composante alimentaire en élevage comporte différents aspects à prendre en compte.
On retrouve tout d’abord la composition de la ration qui doit être adaptée aux besoins des
animaux, mais aussi le mode et la fréquence de distribution des aliments.
 Enfin, il ne faut pas oublier la composante comportementale et hiérarchique au sein des lots, qui influe sur la prise alimentaire des animaux, avec un accès limité à l’auge de certains animaux lorsqu’une compétition alimentaire trop importante existe au sein de ces lots.
Influence de la composition de la ration
Les animaux sont nourris de manière intensive tout au long de la période d’engraissement,
avec la distribution de concentrés ou d’autres aliments très énergétiques (ensilage de maïs par
exemple).
 Les quantités distribuées sont telles que les animaux sont nourris à volonté (en général une distribution quotidienne),  En plus du tri, le comportement alimentaire est fortement lié à la quantité de fibres présentesdans la ration.
 En effet, des aliments riches en fibres vont nécessiter une mastication plus importante, ce qui augmente la durée d’ingestion des aliments ainsi que la durée de la rumination .
La présence de fibres dans l’alimentation des ruminants est donc à l’origine de manipulations orales plus importantes des aliments, de par la mastication et la rumination.
Ces manipulations doivent être suffisamment longues pour satisfaire le comportement naturel du bovin.
L’alimentation des taurillons à l’engraissement comporte en général une grande quantité de
concentrés et une quantité de fourrages assez faible afin d’optimiser le GMQ des animaux.
Ceci implique donc une diminution du temps d’ingestion et de rumination.
 Ce type d’alimentation va perturber le comportement alimentaire, mais aussi la capacité de digestion ruminale. En effet, l’apport de concentrés en grande quantité va être à l’origine d’acidose ruminale par la libération de grandes quantités d’acides gras volatiles par la flore ruminale.
Devant ces considérations, il est recommandé d’apporter un minimum de fibres dans la ration
(un minimum de 10% de fibres longues par rapport au total de matière sèche de la ration.
Il est préconisé que la ration demande à l’animal au moins trente minutes de mastication pour l’ingestion d’un kilogramme de matière sèche, et au minimum soixante mastications pour un bol mérycique.
De plus, les fibres ajoutées à la ration doivent mesurer plus de cinq millimètres de long et être assez rigides pour stimuler suffisamment la motricité ruminale .
D’autre part, il semble que la concentration énergétique de la ration a une influence sur le
comportement social des animaux.
Au final, la composition de la ration est essentielle pour assurer le bien être et la bonne santé
des taurillons à l’engraissement.
 Celle-ci doit être équilibrée afin de satisfaire les besoins des animaux, tout en respectant certaines conditions nécessaires à une bonne digestion, à savoir une teneur en fibres suffisante.
 Malgré un objectif de croissance optimale, une ration trop énergétique aura des effets néfastes aussi bien sur la santé, avec des problèmes digestifs, que sur le comportement, avec une augmentation de l’agressivité et des comportements agonistiques entre individus.
L’utilisation de graines de lin dans la composition des rations est actuellement testée.
 La graine de lin permet un apport élevé en lipides, et plus particulièrement en acides gras oméga3 et en acide alpha linoléique.
D’autre part, les acides gras omégas 3 favorisent le maintient d’un statut immunitaire correct
des animaux de par leurs propriétés anti-inflammatoires.
Une alimentation à base de graine de lin riche en oméga 3 permet donc de limiter le développement de pathologies (notamment respiratoires) lors de la mise en lots au début de l’engraissement, période à risque de par les mélanges d’animaux d’origines différentes et le stress important subit par les animaux.
Enfin, l’ajout de graisses à la ration de fin d’engraissement, permet d’augmenter l’ingestion de matière sèche et le GMQ.
 Cette augmentation de GMQ est d’autant plus marquée avec l’utilisation de graines de lin extrudées par rapport à des graines entières, la disponibilité des nutriments se trouvant alors augmentée.
 D’autre part, les muscles des bovins nourris avec des graines de lin contiennent une quantité d’acide alpha linoléique plus importante, à mettre en relation avec une augmentation de la quantité de graisse intramusculaire chez ces animaux
Au final, l’apport de graines de lin dans la ration des bovins à l’engraissement permet
d’augmenter les performances des animaux en augmentant le gain de poids quotidien et en
limitant certaines pathologies, mais aussi en permettant d’augmenter la qualité des carcasses
avec une meilleure teneur en graisses intramusculaires.
Influence de la fréquence de distribution et de la quantité de l’aliment distribué
Une fréquence élevée de distribution de l’aliment favoriserait un bon niveau d’ingestion. D’autre part, il a été montré qu’une distribution biquotidienne permettrait d’obtenir des conditions ruminales plus stables avec une diminution des écarts de variation quotidienne de pH  .
 Une distribution fréquente des concentrés permettrait donc de mieux répartir l’ingestion sur la journée, et donc de limiter les risques d’acidose.
 Il est important de choisir un mode de distribution (heure fixe ou variable) et de s’y tenir.
Il est possible de modifier quotidiennement l’heure de distribution de l’aliment, les animaux vont alors s’adapter à cette irrégularité.
Par contre si la distribution se fait à heure fixe, il faudra s’y tenir, car tout changement sera à l’origine de modifications du comportement, aussi bien du point de vue alimentaire que non alimentaire, avec par exemple, une diminution du temps de couchage, pourtant nécessaire à la rumination.
En engraissement, le régime ad libitum est souvent utilisé, afin d’optimiser la croissance des
animaux.
 Mais outre ces questions de productivité, la quantité d’aliment distribué joue aussi un rôle dans le bien être des animaux. Cette distribution ad libitum influe sur le comportement
alimentaire des bovins. En effet, elle va permettre une gestion de l’ingestion plus naturelle par
les animaux puisqu’ils choisissent d’eux même la fréquence des repas, ainsi que de la quantité
ingérée à chaque repas.
D’autre part, l’aliment sera disponible en permanence, ce qui permettra d’éviter l’apparition
de stéréotypies comme cela peut être le cas lorsque les animaux sont soumis à une restriction
alimentaire .
influence de la compétition alimentaire à l’auge
Lorsque l’alimentation ou le nombre de places à l’auge sont restreints, une compétition
Alimentaire  se met en place entre les animaux du lot, avec une augmentation de l’agressivité.
Ainsi, le rythme alimentaire des dominées se voit décalé
dans le temps, alors que les dominantes peuvent manger aux moments préférentiels,
notamment après la traite.
 D’autre part, la compétition entraine une diminution de la durée moyenne des repas, alors que leur fréquence se voit augmentée.
 Les animaux s’adaptent à cette situation dans laquelle le temps d’ingestion est diminué, en augmentant leur vitesse d’ingestion alimentaire afin de pouvoir conserver au final une quantité d’aliment ingéré suffisante.
Ces perturbations du comportement alimentaire sont à l’origine d’une atteinte du bien être des animaux et modifient le comportement général des animaux, avec notamment une augmentation du temps passé debout. Une ingestion rapide d’aliment très énergétique sera
aussi responsable d’une forte libération d’acides gras volatiles et d’une diminution plus

marquée du pH ruminal, aboutissant à une acidose.

samedi 2 mai 2015

Aliments médicamenteux en alimentation animale

L’aliment médicamenteux :ce sont  les médicaments dont la dose journalière est contenue dans une quantité d’aliments correspondant au moins à la moitié de la ration alimentaire journalière des animaux traités et, dans le cas de ruminants, correspondant au moins à la moitié des besoins journaliers en aliments complémentaires non minéraux qui résulte du mélange d’un aliment avec une forme pharmaceutique dénommée le pré mélange et qui est utilisé à des fins préventives ou curatives pour lutter contre certaines maladies animales
 Ces aliments font  partie des moyens thérapeutiques dont dispose le vétérinaire pour traiter des animaux. donc Le diagnostic et la prescription vétérinaire doivent précéder toute commande d’aliments médicamenteux.
Sa fabrication, sa prescription (obligatoirement faite par un vétérinaire) et sa délivrance
doivent répondre à des normes strictes. Parfaitement adapté aux traitements de grands
effectifs pour lesquels il est impossible de mettre en oeuvre des traitements individuels,
Médicaments prescrits
La grande majorité des aliments médicamenteux pour animaux d’élevage contiennent des antimicrobiens ou des antiparasitaires.
Utilisation
 Les aliments médicamenteux sont généralement utilisés pour traiter des épizooties
affectant de vastes groupes d’animaux, en particulier les porcs et les volailles.
Il existe une corrélation claire entre le niveau des normes de fabrication et la qualité du
traitement par aliments médicamenteux.
Des normes élevées garantissent la  répartition homogène des médicaments dans les aliments, la compatibilité des médicaments avec les aliments et partant un bon dosage et un traitement efficace des animaux, ainsi qu’un faible transfert de médicaments dans les aliments des animaux non cibles.
 Des limites seront établies pour le transfert de médicaments vétérinaires dans les aliments pour animaux, sur la based’une évaluation des risques pour l’animal et l’homme compte tenu des différents types de substances actives.

Son utilisation doit respecter :
        la quantité distribuée
        la durée de traitement
        délai d’attente avant l’abattage des animaux.
·         la qualité du produit fini réponde aux critères les plus élevés
Exemple de calculs de rations
Calcul de la dose efficace :
Prenons l’exemple d’un lot de 1000 agneaux de 15 kg rentrant en atelier d’engraissement
Afin de prévenir la coccidiose, un aliment médicamenteux contenant des sulfamides est prescrit.
Cet aliment contient 2000 ppm de sulfadiméthoxine (soit 2000 mg sulfadiméthoxine par kilo d’aliment).
Sachant que la dose efficace de sulfadiméthoxine est de 60 mg/kg poids vif
Quelle quantité d’aliment doit être distribuée par jouraux agneaux ?
Réponse :
Dose de sulfadiméthoxine efficace paragneau : 60*15 = 900 mg
Quantité d’aliment correspondant à cettedose : 1*900/2000 = 0.45 kg soit 450 g d’aliment.
 Un agneau doit ingérer 450 g d’aliment par jour soit 450 kg doivent être distribués parjour pour les 1000 agneaux.
Risques en cas de non respect des régles d’utulisation
        Anibiorésistance :
la distribution d’aliments médicamenteux  à base d’antibiotiques à des animaux sains en dehors de tout contexte pathologique contribuerait à l’apparition d’antibiorésistance, c'est-à-dire à l’apparition et la sélection de bactéries résistantes à un antibiotique donné.
        Echec de traitement
Suite à l’administration d’aliment médicamenteux est due à sa composition et plus particulièrement à sa teneur insuffisante en prémélange médicamenteux.
 Les fabricants d’aliment, qui souhaitent réduire le coût de fabrication ont tendance
à sous doser l’aliment en prémélange.
        Des risques de résidus dans les productions ani males des animaux traités
La dose individuelle ingérée peut en effet être très éloignée de la posologie recommandée posant ainsi des problèmes de surdosage en principe actif pour les animaux et de résidus dans les denrées animales issues des animaux traités pour les consommateurs.
Le respect strict des temps d’attente prévus dans les dossiers d’AMM des prémélanges est une mesure indispensable pour assurer la sécurité du consommateur.
        Des risques de contamination croisée :

Un procédé de fabrication mal maîtrisé à l’usine ou un usage mal maîtrisé de l’aliment médicamenteux à la ferme pourrait être à l’origine de contaminations croisées (exemple dans le cas de fabrications de nombreux lots d’aliments médicamenteux différents sur une même journée ou d’équipements insuffisants sur la ferme).

vendredi 24 avril 2015

LA MELASSE EN ALIMENTATION ANIMALE

La mélasse est un coproduit constitué par le résidu sirupeux recueilli lors de la fabrication ou du raffinage du sucre provenant de la betterave sucrière ou de la canne à sucre.
Valeur alimentaire
 La mélasse contient environ 25 % d’eau. C’est un aliment hautementénergétique contenant du saccharose non cristallisé (30 % de la matière sèche), des sucres réducteurs (25 % de la matière sèche) et d’autres substances glucidiques. La mélasse est particulièrement pauvre en azote : 25 g de N par kilo de mélasse brut .
Les mélasses de canne et les mélasses de betterave, du fait de la nature même des produits de base et des procédés de fabrication, ont des compositions différentes ; celles-ci peuvent également varier suivant les pays d'origine, surtout en production de canne.
La teneur en énergie brute (EB) et la digestibilité de l’énergie des mélasses sont faibles par rapport aux céréales.
 La relative faiblesse en EB s’explique en grande partie par l’importance de sa fraction minérale qui dilue la matière organique, et aussi par le fait que la teneur en énergie brute du saccharose, du fructose et du glucose est plus faible que celle de l’amidon.

Les différents type de  Mélasse
Il y a plusieurs « catégories » de mélasse pouvant être classées de
 mélasse riche ou «high-test» à la mélasse finale relativement plus pauvre. Ces types de mélasse sont liés au procès de fabrication.
 Elles diffèrent par leur composition chimique en relation avec l’extraction progressive du sucre.
La caractéristique commune aux mélasses est leur richesse en sucre et leur pauvreté en protéines. Par ailleurs, le procédé technologique de transformation augmente la concentration en impuretés industrielles (matières organiques non digestibles) et en minéraux.
Utulisation  en alimentation animale
 Modalités

 La mélasse  est utilisée dans l’alimentation des ruminants et des chevaux, en mélange avec de la paille ou d'autres aliments cellulosiques tels que le son, ou comme liant dans les rations complètes ou encore pour favoriser l'ingestion d'aliments peu appétents (spathes, cannes de maïs, foins moyens, paille…)  Pour la volaille son utulisation est limté vue son effet laxatif et di diurétique  à l’origine ee fientes liquides
La teneur en fibres de la mélasse étantnégligeable, sa consommation par les ruminants doit obligatoirement s’accompagner de celle d’un fourrage grossier.
Les rations à base de mélasse permettent d’atteindre des croissances supérieures à 1000 g/j pour les bovins taurins.
L’utilisation métabolique des nutriments issus de la mélasse se fait avec la même efficacité que pourceux issus de l’amidon.
 La mélasse aurait un effet dépressif sur l’utilisation des protéines du fait d’un
accroissement des pertes en azote fécal d’origine endogène. La mélasse demeure cependant une source d’énergie très disponible et moins coûteuse que les céréales.
La consistance visqueuse de la mélasse pose des problèmes de texture et d’homogénéité de la rationcomplète. De forts taux d’incorporation de mélasse dans les rations entraînent des désordres digestifsse traduisant par des diarrhées.
 Cet effet a été attribué à la teneur élevée de la mélasse en minéraux, en particulier en potassium ainsi qu’à l’importante fraction organique non identifiée.
 Le Niveau de distribution recommandé, en kg de produit brut par jour (maxi 10 à 15% de la ration totale) :
Vaches laitières et boeufs 2 - 3
Taurillons, génisses et vaches allaitantes
0,250à 0,5 jusqu'à 200kg de PV; 1 à 2 au delà
Brebis 0,6
Agneaux 0,2
Chevaux 1,5 – 2
La mélasse doit être considérée comme un concentré et utilisée comme tel : il faut donc tenir compte dans le calcul du rapport fourrager concentrés et intégrer un minimum de fibres.et une petite partie se retrouve sur les tablettes des supermarchés pour la consommation humaine.
En  moyenne, pour des niveaux d’incorporation de mélasse allant de 55 à 83%,
la vitesse de croissance varie entre 414 à 742 g/j. ont fixé à 30 % la limite du taux d’incorporation de mélasse dans la ration du porc en croissance.
Au delà de cette limite, les auteurs rapportent une baisse des performances de croissance. La mélasse ne peut pas représenter plus de 20% de la ration pour le porcelet contre 30% pour la truie en gestation.
Recommandations liées à l'utilisation
Aménager une transition impérative de 8 à 10 jours.
Mettre des pierres à sel à la disposition des animaux.
L'effet laxatif des mélasses nécessite un paillage supplémentaire.
La ration doit donc comporter suffisamment d'aliments fibreux et de brins longs pour limiter les troubles digestifs. La mélasse augmente le risque acidogène.
Si un apport trop important fait baisser la digestibilité de la ration totale, et en particulier celle dela cellulose, il ne faut pas dépasser 10 % de la ration totale.
La mélasse a l'inconvénient d'être très visqueuse, et ce d'autant plus que la température est basse.
 Il devient utile de chauffer la quantité nécessaire quotidiennement pour la fluidifier lorsque la température devient inférieure à 10° C. Le meilleur moyen de la distribuer est l'utilisation d'une mélangeuse qui assurera une ration homogène de tous les composants de la ration.
Le simple arrosoir donne de bons résultats, des systèmes de fûts sur roulettes permettent d'arroser la ration dans l'auge tout en facilitant le travail.
Le mélange avec des fourrages humides ne peut être préparé à l'avance, l'humidité du produit favorisant les fermentations.
Le nettoyage des auges est difficile à effectuer lorsque la mélasse est versée directement dans l'auge.
Autres utilisations
En dehors de son utilisation en alimentation animale ; Une bonne partie de la mélasse produite par les sucreries est utilisée pour la production du rhum industriel. peut aussi être utilisée pour la culture des levures ainsi que, pour la production de divers produits, tels que l’acide acétique (vinaigre), l’acide citrique, le glycérol, l’acide aconitique, le glutamate, la dextrane, l’acide itaconique, la lysine et l’éthanol.


mardi 31 mars 2015

COPRODUITS D’ORIGINE VEGETALES EN ALIMENTATION ANIMALE

Un co-produit est la partie d'un végétal cultivé ou le produit issu d'un processus de fabrication qui ne représente pas l'objet principal de l'activité envisagée
Généralement disponibles en grande quantité sur une période limitée et dont l'élimination est coûteuse pour les industriels ; Ils sont alors avantageusement valorisés dans les rations animales.
 Leur utilisation n'est néanmoins attractive que dans certaines régions, déterminées par l'importance de la production locale de la matière première dont ils sont issus et par la prépondérance de la transformation industrielle qui leur donne naissance.
Un autre facteur d'intérêt peut aussi résider dans leur valeur nutritionnelle exceptionnelle, cependant cette valorisation est souvent entravée par une saisonnalité marquée et par la dispersion géographique des centres de production.
Deux modalités d'utilisation sont alors possibles:
- soit le co-produit est traité par l'industrie agro-alimentaire
- soit le co-produit est utilisé directement par l'éleveur afin de favoriser les circuits
·         Intérêts   d’utilisation
- les co-produits reviennent moins chers, à valeur nutritive égale, que l'aliment classique qu'ils remplacent
- l'aliment élaboré avec un co-produit soustrait ce dernier des rejets dans l’environnement.
- I ‘aliment élaboré avec un co-produit soustrait ce dernier des rejets de l'entreprise en rivière ou en décharge d'où un effet favorable sur l'environnement.
- au lieu de payer pour le rejet dans la nature, l'entreprise peut tirer profit de la valorisation de ces déchets pour l'alimentation animale.
- le co-produit revient moins cher à l'utilisateur, à valeur nutritive égale, que l'aliment classique qu'il remplace. Ceci permet une réduction des coûts alimentaires de l'élevage dans une période où le prix des productions (lait/viande) stagne.
- le co-produit peut remplacer des aliments achetés à l'étranger dont les prix sont indexés aux variations des devises. C'est le cas des aliments à forte valeur protéique, telle soja.
·         Exemple de coproduits d’origine végétale
o   Pulpe de betterave
Celle-ci se présente sous 2 formes :
ü  Pulpe de betterave surpressée :
-La pulpe surpressée présente une très bonne digestibilité, un bon coefficient d’encombrement et une forte valeur énergétique, supérieure à celle de l’ensilage de maïs, notamment grâce à sa richesse en composés glucidiques digestibles.
- Cet aliment a la particularité d’être très appétant, pour les bovins de tout âge. Il peut compléter voire remplacer un fourrage de la ration tel que l’ensilage de maïs ou d’herbe.
-L’introduction de pulpes surpressée dans la ration stimule la production laitière et peut améliorer les performances laitièresde l’ordre de 1 à 3 kg de lait par jour et par vache.
ü  Pulpe de betterave déshydratée
-La pulpe déshydratée est un produit concentré en énergie et en fibres, hautement digestibles. Il s’agit d’un complément efficace des fourrages en élevage bovin.
- Elle permet de préserver la santé du rumen des animaux : la libération des acides gras se fait progressivement, ce qui limite le risque d’acidose.
- Introduite dans la ration des porcins, elle joue un rôle positif dans l’amélioration du transit intestinal, dans la fertilité et la prolificité des truies, ainsi que dans la conduite d’élevage, en
favorisant un comportement plus calme des animaux.
-La pulpe déshydratée se présente sous forme de granulés de 6 ou 8 mm de diamètre, facilement manipulables et s’adaptant ainsi à tous types d’élevages.
- Elle est aisément transportable et stockable durant plusieurs années dans un endroit à l’abri de l’humidité
·         DRECHE DE BRASSERIE
La drêche de brasserie est issue de la fabrication de la bière, préparée à base de matiè respremières naturelles : malt, céréales, eau pure. sa compétitivité économique en fait un aliment incontournable pour abaisser les coûts alimentaires.
Les drêches sont composées des enveloppes de grains concassées auxquelles adhèrent toutes les substances qui n’ont pas été solubilisées au cours des opérations de brassage.
• riches en protéine qui  présente une stabilité  élevée dans le rumendonc Le potentiel azoté de la ration est donc augmenté grâce à cette richesse en PDIA
• riches en cellulose brute, alors que l’efficacité de cette cellulose brute est relativement faible au niveau de la structure
• riches en matière grasse par rapport aux autres fourrages protéiques
• riches en eau et elles se détériorent donc rapidement.
La drêche de brasserie augmente l’appétit des animaux, valorise le bol alimentaire et stimule la production laitière.
Inconvénients
elles ne sont pas conservées.
Les avantages à utiliser des drêches de brasserie :
• économie d’un concentré protéique onéreux
• en remplacement partiel de fourrages grossiers
• très bonne complémentation des rations de base pauvres en protéines
• bon effet pour compenser les fourrages riches en énergie
• bonne utilisation possible dans des rations mélangées totales (RMT) contenant du maïs
les co-produits de la tomate :
 ce sont les résidus des industries de conserverie et sont constitués de peaux.rpépins, d'un peu de pulpe et des pédoncules parfois mélangés à quelques feuilles et écarts de triage.
Les pulpes de tomates représentent le co-produit des industries de transformation de la
tomate. Ce co-produit est peu répandu et reste dispornble pendant la période estivale ( d'août à octobre ). Les caractéristiques nutritionnelles de la pulpe sont méconnues
marc de raisin
valeur nutritionnelle
La valeur énergétique, 0,4o U.F. /kg de matière sèche Sa valeur azotée, par contre, est très faible 1 (5 g de 1!T.A.D. !kg de matière sèche).
 En aliment unique, ce produit est consommé en très petite quantité. Il ne peut donc être utilisé que comme composant d’une ration par ailleurs bien équilibrée en matières azotées digestibles. Toutefois, dansle cas d’utilisation par des moutons, la teneur en cuivre est à surveiller.
Précautions à prendre par l'utilisateur
a) Supplémentassions
Généralement, les co-produits sont déséquilibrés sur le plan de leur composition chimique
et donc de leur valeur alimentaire (énergie, azote, minéraux). Ils ne peuvent donc pas être distribués seuls ou en libre service à volonté mais nécessitent une complémentation adaptée (fourrages, céréales, autres co-produits, minéraux) afin d'obtenir une ration équilibrée pour le type de production envisagée (lait, viande, entretien ).
b) Transition alimentaire
Lors de l'introduction d'un nouveau co-produit dans une ration. il faut respecter une transitionafin de limiter d'éventuels troubles digestifs consécutifs:
- à une appétence très forte ou au contraire très faible
- à une composition chimique particulière (richesse en fibres et notamment en
fraction lignifiée) qui impose un remaniement de la microflore ruminale.

La transition sera d'au moins 8 à 10 jours voire plus si les quantités distribuées sont élevées.